Les conseils de Ken- L'histoire du kimono japonais

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Connaissez vous réellement l’histoire de ce vêtement japonais ?

Ken Okada, créatrice japonaise basée à Paris vous propose d’en apprendre plus sur le kimono et son histoire.

L'histoire du kimono japonais

Dans le monde occidentale le mot « kimono » désigne une veste ample japonaise traditionnelle. Mais connaissez vous réellement l’histoire de ce vêtement japonais ? Ken Okada, créatrice japonaise basée à Paris vous propose d’en apprendre plus sur le kimono et son histoire.

L’origine du kimono

Le kimono est un vêtement ancestral japonais.

On le retrouve dès le 7ème siècle en tant que sous vêtement, pantalon ou jupe sous le nom de « kosode », 小袖 en japonais, ce qui signifie littéralement « chose portée ». Il s’agissait d’une pièce de soie en forme de T qui était portée près du corps, sous d’autres couches de vêtements.

À cette époque le vêtement sert à distinguer les castes sociales et le statut marital, puisqu’il répond à des codes précis et diffère donc en terme de tissu et de couleur. Par exemple, le kimono noir avec motifs sous la taille est porté par les mères des mariés le jour des noces, et le célibat est symbolisé par des manches courtes, rallongées après le mariage.

En effet, le prix d’un kimono est très élevé et seule l’aristocratie a les moyens d’investir dans des pièces raffinées pour témoigner de sa richesse.

Cependant, durant cette période, le Japon était sous influence chinoise, ce qui se traduisait aussi dans les vêtements. Il faut attendre la période Heian, entre le 8ème et le 10ème siècle, pour que les tenues japonaises s’éloignent du style chinois et laisse place à un sens esthétique, à un raffinement et une harmonie des parures. C’est à partir de là que le kimono se rapproche de plus en plus de celui que l’on connait. Il est de plus en plus détaillé et orné de parure. À cette époque le kosode désigne donc le kimono aux manches étroites, tandis que l’osode désigne le kimono aux manches longues.

Il se distingue pour l’homme et la femme et est de couleur unie.

Pendant cette période le port du kimono à l’extérieur va se développer de plus en plus au Japon.

Le terme kimono n’apparaît qu’au 13e siècle.

À partir de la période Edo (15ème siècle), les manches du kimono sont plus longues, et le obi est devenu la forme la plus courante parmi les styles. C’est à dire une forme ample qui se referme grâce à une ceinture sans boucle ni fermoir. Le nouage du Obi est un art.

Depuis, le kimono de base a peu évolué, tant pour les femmes que pour les hommes.

Au fil des siècles, il a été adopté par les geishas, dames de compagnie des hommes fortunés, et par les acteurs de théâtre épique (kabuki).

Très porté durant le 19e siècle, le kimono tombe ensuite en disgrâce durant l’ère Meiji, puisque l’ouverture au commerce des nations étrangères bouleverse la mode japonaise au profits des vêtements occidentaux, jugés très chics et plus modernes.

Ce vêtement est considéré comme un objet de luxe, fait à partir de matière noble. Pour certains kimonos, ce sont presque des œuvres d’art. Aujourd’hui, la tradition du kimono reste bien ancrée dans la culture japonaise et se porte lors de grandes occasions.

L'arrivée du kimono en Occident

Si lors de l’ouverture du Japon au commerce avec les autres pays du monde, la mode et les styles vestimentaires du pays se sont largement inspirés de l’Occident pour apparaître plus modernes, il y a également eu un effet dans l’autre sens. L’Europe importe des tissus et des produits du Japon, dont le kimono, qui est alors devenu très populaire ! Cette vague d’enthousiasme pour tous les produits (vêtements, tissus, bibelots, etc) en provenance du Japon qui a balayé l’Europe et les Etats-Unis durant toute la seconde moitié du 19e siècle est appelée japonisme.

Le Japon commence alors à développer des vêtements spécialement pensés pour l’exportation, selon les goûts des européens. L’Europe fut tellement demandeuse de ces pièces qu’elle fit également des commandes à l’Inde pour en obtenir des versions faites à partir de matières différentes, comme le coton.

Les femmes occidentales, et notamment les parisiennes, sont tombées amoureuses de ces beaux vêtements exotiques, idéals à porter pour se détendre à la maison. Ils sont également arborés par les élégants et élégantes dandys en guise de vêtement d'intérieur, parfait pour recevoir ses amis en toute décontraction. Parmi les adeptes célèbres, on pense à la grande Sarah Bernhardt, immortalisée dans une pose lascive par Rochegrosse, ou encore le célèbre portrait de la femme de Claude Monet.

Les créateurs de Paris et de Londres ont alors commencé à utiliser le tissu de kimono pour leurs propres créations. Les dessins d'inspiration nippone ont finalement été utilisés pour les tissus en soie par les fabricants de textiles à Lyon, marquant ainsi leurs débuts sur la scène de la mode parisienne.

Les stylistes japonais ont utilisé une couture rectiligne qui montre une nette dette envers la culture du kimono, enveloppant le corps de façon lâchée plutôt que de suivre de près sa courbure naturelle. Le kimono occupe des espaces inexplicables dans la notion de vêtements occidentaux, et à l'époque où la mode s'oriente vers une définition plus libre de la forme et de l'apparence, ce sens différent de l'espace a donné un avantage aux créateurs nippons. Leurs créations ont contribué à briser la signification historique et symbolique des vêtements occidentaux, en apportant une définition plus ambiguë de la féminité en démantelant l'idée que les vêtements féminins devaient mettre l'accent sur des lignes fluides et courbes.

En fin de compte, l'influence japonaise a démantelé la notion occidentale rigide qui avait dominé jusqu'alors et a contribué à orienter la mode dans de nouvelles directions.

La modernisation du kimono

Le kimono redevient une pièce phare du dressing occidental avec des variations dans les tissus, les couleurs, les motifs et les formes, et ce depuis les années folles grâce à sa forme ample et son apparente simplicité.

Ce n’est en effet pas seulement un vêtement folklorique de la culture japonaise que les européens admirent. Il a aujourd’hui une influence sur la mode, les grandes maisons de luxe et les magasines de mode s’en inspirent et crée de multiples modèles de kimonos pour femme, ou dessinent sur leurs collections des motifs tels que ceux que l’on peut retrouver sur les kimonos traditionnels.

A la fin du 19e siècle, les grands couturiers créent des kimonos uniques pour habiller les personnalités influentes : Jean-Paul Gaultier imagina un kimono revisité pour Madonna, Rei Kawakubo signa un kimono pour la marque Comme des Garçons, Paul Poiret pour Dior… Et on le sait, voir une star porter un vêtement, ou le voir lors du défilé d’un grand couturier, cela signe de manière incontestable son entrée dans le monde de la mode avant d’être adopté dans le style vestimentaire courant.

On retrouve aussi ce vêtement dans le cinéma, dans Star Wars ou dans Mémoire d’une geisha par exemple, deux films cultes de la culture européenne. Le kimono a ainsi atteint les frontières de la pop culture, marquant là encore son ticket d’entrée dans la culture vestimentaire, facilitant son adoption par l’ensemble de la population occidentale.

Le kimono a connu un renouveau entre les mains des générations X et Z, en réactions à la fast fashion occidentale et l’avènement des friperies.

Le kimono japonais peut ainsi se présenter sous forme de veste courte ou longue.

Le tissu du kimono peut être fluide comme avec plus de tenue et une coupe droite.

Les variations dans le kimono apparaissent également dans la façon de fermer ce dernier.

En effet, traditionnellement le kimono japonais se porte avec une ceinture en guise de fermeture mais de plus en plus les français les portent ouverts, sans fermeture comme un cardigan.

Ainsi les occasions de porter un kimono sont de plus en nombreuses:

Le kimono en veste sensuelle pour un rendez vous,

Le kimono en hiver sous forme de manteau,

Le kimono transparent en sortie de lit ou en tenue de plage...

En bref, le kimono occupe une position très favorable parce qu’il s’est développé dans le contexte tout à fait original. Source d’inspiration potentielle pour les stylistes au moment même où la demande pour une plus grande diversité du vêtement ne cesse d’augmenter.

Aujourd'hui, la mode est partagée dans le monde entier. Cette familiarité produit dans notre vie quotidienne un sentiment de commodité, mais est aussi une source de monotonie. Les articles qui sont largement partagés n'appartiennent finalement à personne et, à une époque comme la nôtre, la position du kimono en dehors du contexte culturel de l'Europe occidentale est un avantage. Le kimono, développé dans le contexte unique de la culture japonaise, offre donc de nouvelles idées et de nouvelles inspirations aux créateurs à une époque où les appels à une plus grande diversité dans ce que nous portons se multiplient. Cet habit japonais n'est certainement pas une chose du passé, et il continuera à captiver l'imagination des gens et à stimuler et inspirer les créateurs pendant de nombreuses années encore.

Le kimono par Ken Okada

La créatrice japonaise basée en France à Paris Ken Okada modernise le kimono.

Spécialisée dans la chemise, Ken Okada revisite le traditionnel kimono japonais sous forme de chemise. Depuis son arrivée en France au depuis des années 2000, Ken Okada souhaite illuminer de sa poésie et de sa délicatesse la mode parisienne qui l’attendait. Sa mode, subtil équilibre entre une architecture de vêtement très parisienne et la fragilité d’une légèreté toute japonaise, telle une fleur de cerisier, est faite de paradoxes et d’oppositions. La marque Ken Okada, décline ses contrastes dans ses créations souvent asymétriques, ou se mêlent féminin et masculin, tradition et modernité, délicatesse et puissance.

Ainsi, Ken Okada ne fait pas de la mode japonaise à Paris, elle lie les cultures, les traditions et les savoir-faire des deux pays pour proposer des collections uniques, originales, intemporelles. Le kimono est alors une pièce phare, une inspiration à côte de laquelle Ken Okada devait ne pas passer.

Fort en histoire et en style, le kimono est une pièce centrale de la mode d’aujourd’hui et de demain.

La créatrice propose ainsi des kimonos colorés, oversizes et unisexes pour un look japonais et androgyne haut de gamme.

Les avantages de ce vêtement ? Sa structure le rend flatteur pour toutes les morphologies, et son essence veut qu’il soit coloré, orné de détails, ce qui permet à la créatrice d’exprimer toute sa créativité dans cette pièce iconique et tendance. Les kimonos Ken Okada sont agrémentés de détails qui rappelle la chemise comme des boutonnières ou des cols. 

Le kimono est un indémodable, il a traversé les époques et dispose d’une riche histoire qui fascine, à la fois la créatrice et les clients.

On retrouve ainsi la veste Kimono courte HERME, le kimono fluide YOKO ou la veste fleurie CHIAKI.

Certaines chemises s'inspirent également de l'aspect oversize des kimonos: les chemises kimonos.

Les Chemises Kimono

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